Être pauvre à Maisons-Laffitte

Tribune des élus de Maisons-Laffitte, novembre 2018

Être pauvre, « c’est disposer de peu. Définir la pauvreté revient à définir ce que représente ce peu », selon le directeur de l’Observatoire des inégalités, Louis Maurin. En France métropolitaine, le seuil de pauvreté est de 1015 € par mois pour une personne seule, 1523 € pour un couple sans enfant ou pour une famille monoparentale.


Le Secours populaire précise que plus d’un cinquième des Français a du mal à se nourrir chaque jour. Et que plus d’un Français sur deux aux revenus mensuels inférieurs à 1200 € a du mal à payer la cantine de ses enfants.
Être pauvre n’est pas qu’une question de revenus trop faibles, c’est surtout être victime de privations matérielles concrètes. Pour l’Insee, 12 % des Français ne peuvent se chauffer, acheter des vêtements neufs… et se privent de repas régulièrement.

Maisons-Laffitte fait partie des 20 communes de France de plus de 20 000 habitants où le taux de pauvreté est le moins élevé.  Moins de 6% de sa population y vit sous le seuil de pauvreté contre près de 15 % au niveau national.
Les personnes concernées sont souvent « invisibles », contrairement aux SDF, visibles dans l’espace public. On les reconnait à tout ce qu’elles ne font pas : les enfants ne mangent pas à la cantine, ne sont pas inscrits au périscolaire, au centre de loisirs, ni dans les associations sportives ou culturelles. Même chose pour les parents, pas membres d’associations, pas représentés dans les conseils d’école.
Ces familles sont d’autant plus « invisibles » qu’elles vivent dans une ville riche, la nôtre (revenu annuel médian de près de 34 000 €).

Lorsqu’en conseil municipal, nous regrettons que des enfants mansonniens ne déjeunent pas à la cantine parce qu’elle coûte trop cher, on nous renvoie vers le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS). Au total, peu de familles sont aidées. Ainsi, pour la restauration scolaire, 79 familles aidées en 2017. En 2018, seulement 34. Pourquoi ?

En France, 30% des personnes éligibles aux aides sociales renoncent à les demander, parce qu’elles ne les connaissent pas ou parce qu’elles sont rebutées par des démarches trop lourdes. A Maisons-Laffitte, il est temps de s’attaquer à ce problème du « non-recours ». Il faudrait mieux informer et accompagner ces familles dans leurs démarches auprès du CCAS. Et pourquoi pas automatiser le versement des aides auxquelles elles ont droit en instituant des tarifs sociaux pour les prestations municipales, comme cela existe pour l’énergie ou l’eau.

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