Pour une politique tarifaire plus juste

Tribune des élus de Maisons-Laffitte, mars 2019

A l’heure où vous lirez ces lignes, le débat d’orientation budgétaire 2019 aura déjà eu lieu. Nous pouvons déjà en imaginer les grandes lignes : comme tous les ans, les dépenses de fonctionnement 2018 ont été conformes ou plus probablement souvent inférieures aux prévisions et les recettes supérieures à celles-ci. M. Myard aura alors beau jeu d’annoncer une forte capacité d’autofinancement, preuve à ses yeux d’une gestion rigoureuse. Mais cet autofinancement de plusieurs millions d’euros, c’est autant d’argent que vous avez acquitté à travers vos impôts ou  redevances, alors que l’on aurait pu vous éviter de le faire !

On va encore nous parler de baisse de la dotation de l’Etat, de budget contraint… qui nous empêchent de mener une autre politique. Et pourtant, une autre politique est possible. A commencer par une politique tarifaire. La plupart des tarifs des prestations proposées aux usagers sont uniformément augmentés de quelques pour cent tous les ans, sans réflexion sur le but de ces tarifs, ou alors établis sans cohérence entre eux. Prenons les séjours de vacances proposés aux enfants. Coût pour la collectivité autour de 115 € par jour. Participation des familles mansonniennes pour le séjour d’été entre 50 et 90% en fonction des revenus mensuels. Pour le séjour d’hiver, ce sera entre 28 et 61%. Pourquoi ?

Parce que le séjour d’été n’a pas eu lieu faute d’inscrit ? Il est vrai que 588 € (le tarif le plus bas) n’était pas vraiment accessible pour les familles gagnant moins de 2423 € par mois. Et ce sont pourtant celles-ci qui justifient l’organisation et le subventionnement de vacances par une ville. Ces séjours devraient en priorité s’adresser aux enfants qui en sont le plus éloignés, c’est-à-dire à ceux qui n’ont pas les moyens de partir en famille ou par des organismes privés. Sinon, qu’est-ce qui justifierait que nous subventionnions à près de 40 %  (!) les vacances des enfants de toutes les familles qui gagnent plus de 4646 € y compris les revenus les plus élevés (pour rappel, un couple de cadres mansonniens touche en moyenne plus de 8000 € par mois) ?

L’étude de la répartition par quotient des inscrits au séjour d’hiver est indispensable. Si, comme c’était le cas il y a quelques années, la très grande majorité sont issus de familles aux revenus les plus élevés, il faudra en tirer les conséquences : la ville n’a pas vocation à être une agence de voyage pour familles aisées, qui plus est à moindre coût.

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